Première interview pour le paperhert magazine ! C'est
avec plaisir que nous ouvrons donc ce magazine avec notre ami Christian
Nolf qui, délaissant les tigres sexys, tourne désormais
avec RAYMONDO. Après un excellent concert au botanique dans le
cadre de la boutik rock, il nous livre ici un peu du parcours de Raymondo
jusqu'ici ainsi qu'une ou deux anecdotes sur l'enregistrement de leur
dernier opus "river into lake"...
Quand est sorti le nouvel album ?
Le 13 octobre! Même si contrairement aux sorties traditionnelles,
il ne sera pas directement distribué dans tous les magasins. Pour
un petit label comme nous, la sortie, ça veut surtout dire avoir
en main les disques pressés, reste à coller toutes les pochettes
en carton… En attendant, on peut le trouver chez les petits disquaires
spécialisés à Bruxelles, comme Quarantaine, Le Bonheur,
Arlequin, United Musik. Prochainement sans doute à la fnac et consorts.
Et on peut aussi le commander ici : http://www.matamore.net/mail-order.php
Les nouveaux morceaux ont-ils été écrits
en groupe contrairement au premier album dont tu avais déjà
une démo quasi achevée ? Oui,
la plupart des morceaux ont été élaborés en
groupe durant les trois dernières années, même si
j’ai amené chaque fois la base (guitare ou piano + voix).
En fait, on a enregistré avant d’avoir terminé l’écriture
de tous les morceaux, donc certaines parties ont été quasi
improvisées lors de l’enregistrement. Il y a aussi le fait
que certaines paroles n’étaient pas achevées non plus,
ce qui explique le long délai entre l’enregistrement (juillet
2005) et la sortie du disque (octobre 2006) !
Comment aurélie est-elle arrivée dans le groupe
? Un
peu comme une fée croisée sur notre chemin… Par hasard,
le soir où Lobke était absente d’un concert et la
veille de nous annoncer qu’elle quittait le groupe (notamment parce
qu’elle ne comprenait pas nos blagues en français), Aurélie
était dans le public et on a fait connaissance. Une fille qui chante,
fait de la basse et en plus de la clarinette, ça tombait bien !
Elle était assez disponible à ce moment et son intégration
dans le groupe s’est faite très naturellement.
Qu'apporte-t-elle au groupe ? Et les autres membres ? Un
incontestable glamour : c’est elle qui se fait mitrailler par les
photographes pendant nos concerts ! Puis musicalement, elle a vraiment
boosté nos morceaux, avec sa basse, ses secondes voix en cascade
et puis apporté une belle dimension avec sa clarinette.
Mis à part les membres, quelle est la différence
entre Raymondo et sexytiger, pour toi ? Musicalement,
bien que ce soit toujours de la pop légère et se voulant
aérienne, Raymondo est clairement plus influencé par le
jazz, la bossa nova. La rencontre avec Boris a mis en lumière notre
admiration commune pour tous ces groupes de Chicago comme Tortoise, the
Sea and Cake, Brokeback, Dave Grubbs,… pour leur capacité
à allier pop, rock et structures jazz.
Vous
tournez beaucoup ? Pas
vraiment… En ce moment se termine une petite série de concerts
accompagnant la sortie du disque. On espère une deuxième
salve au printemps prochain. Sinon, à part ça, on a eu la
chance de jouer ponctuellement dans des plus grands événements,
comme Dour, le festival Cactus à Brugge ou les Nuits Botanique.
Vous avez des aides de la communauté Francaise, ce genre
de choses ? Oui,
le département rock nous a aidé pour la production de l’album
et on bénéficie des subsides Art et Vie qui participent
aux cachets lors des concerts. Merci à eux !
Qu'avez-vous fait comme premières parties intéressantes
? On
a joué avant Stuart Staples (chanteur des tindersticks) et Marc
Ribot aux Nuits Botaniques, tout récemment avant Arab strap et
leur concert d’adieu. Sinon, dans des festivals, on a pu croiser
des gens comme Migala, Berg sans Nipple, …
Comment s'est passé la signature chez Matamore Records
? J’ai
pris l’avion pour Hanoi à la rencontre du boss Max Lê
Hung et de son financier, un Michael ché plus quoi. Je pense qu’ils
sont +/- liés à la mafia vietnamienne, mais pouvoir figurer
sur leur catalogue était un rêve pour nous. Il m’ont
reçu dans leur bureau au dernier étage de la Matamore Tower
et a on mis au point la stratégie artistique et financière
du groupe pour les cinq prochains albums. Le plus dur, c’était
de signer, parce que là bas ça se fait avec le sang (j’ai
du me cisailler le doigt pour arriver à écrire mon nom jusqu’au
bout).(non,
hein, je déconne! : le label est né avec l’envie de
sortir le tom sweet love vs we vs death et raymondo. On n’a encore
rien signé, j’espère que personne ne va partir avec
la valise).
C'est toujours toi qui a le dernier mot ? Oui,
mais je n’en abuse pas je crois. Tous les membres du groupe sont
très créatifs et il faut laisser de la latitude pour voir
éclore de belles idées. Il y a très rarement des
tensions, notamment parce que chacun a aussi des projets parallèles
où il peut s’exprimer personnellement (VO pour Boris, Mamayo
pour cédric et Boris et Soy un Caballo pour aurélie). Ceci
dit, il faut toujours un chef, c’est aurélie qui me le rappelle
souvent.
Quel est le morceau dont tu es le plus fier, celui qui résiste
le plus au temps et que tu ne te lasses pas de réécouter
? Ca
doit être le même qui a toutes ces qualités ? Je pense
que sur le dernier album, c’est « river into lake »,
le morceau d’entrée. C’est sans doute le moins accessible
au premier abord, mais c’est aussi celui qui est le plus nouveau
pour nous, je le vois comme une espèce de rap au ralenti.
Et à l'inverse, celui qui te donne des boutons maintenant ? Je
dois répondre ? et si c’était le préféré
de quelqu’un ? Je pense que, sur l’album précédent,
« falling from love » était un coup trop larmoyant.
Une petite anecdote sur l'enregistrement de l'album ? Les
prises de piano se sont faites à la Maison des Musiques, à
Bruxelles. Au premier étage, il y a des bureaux pour différentes
asbl. Ca avait l’air de sérieusement les ennuyer qu’on
fasse de la musique pendant les heures de travail… On leur a demandé
le silence mais à la fin du morceau California, il y a des gros
bruits de pas sur le plancher du dessus. C’est tellement réaliste
qu’à chaque fois que j’écoute ce morceau au
casque, j’ai l’impression que c’est vraiment au dessus
de ma tête, même si y j’habite au dernier étage.
La
vidéo de l'excellent morceau "tomorrow"...plus
frais, c'est difficile ! Ses
palaps hanteront vos nuits !